Pense moins fort, y’a les p’tits qui dorment

Cette nuit, un peu avant 5h du matin.

Le sommeil m’a étreint comme il étreint le juste, et je jouis du repos salvateur qui berce le travailleur indéfectible.

Soudain dans le noir, des voix. Je les entends distinctement, surexcitées, presqu’inhumaines, des voix qui susurrent sans cesse, aiguës et criardes.

Je me redresse, sors à taton de la couche nuptiale, et je bande, je bande, je bande tous mes muscles tel le Syncerus caffer caffer lorsque, dans la chaleur moite de la savane, la lionne tapie dans les hautes herbes choisit sa proie parmi les moins aguerris du troupeau.

Je m’approche sans bruit, prêt à frapper sans pitié… Sous la porte, de la lumière. La chambre de ma fille.

Je serre la poignée avec force, faisant jouer la béquille, le pêne s’efface en silence. J’ouvre, dans l’obscurité, ainsi Dieu, insidieux.

Ils sont là. Tous les deux. Je les vois devant moi, assis, volubiles, presqu’indifférents.

Ils voulaient préparer leur cartable.

En toute chose, voir le bon côté.
Se dire qu’ils aiment l’école.

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